dimanche, octobre 10, 2004
La ruse de la Providence
L'hiver me manque. La neige surtout. Et les arbres chauves... J'ai besoin de cette melancolie qui permet de se reposer de toute esperance. De s'accepter tel qu'on est-bredouille. Comme si la nature se revetit de la tendance morbide a se reduire a l'etat des hommes, un acte de compassion de sa part, bravo je dirais car ca nous fait du bien plus que tout autre chose! On devient egaux pour un certain temps. Elle, elle renonce a sa suprematie, le geste le plus noble que je connaisse, nous, on se permet plus cette legerete qui d'habitude n'est pas pardonnable. Precisement c'est en hiver que l'amour obtient une autre valeur- il ote sa jouissance estivale, se libere du besoin de se nourrir pour venerer sa nouvelle cohabitation avec la souffrance de l'amoureux, une alliance sans precedent, qui seule, apporte le calme reelement apaisant. Bien sur, ce marriage ne connaitra jamais l'enthousiasme, ni l'enchantement, mais y a-t-il de la place pour l'enthousiasme dans la sagesse?! Non, il n'y a de la place que pour l'etonnement, l'etonnement face au savoir... Voila, comme tout homme, j'etais attire par un bonheur libertin, mais c'est en hiver que j'ai reconnu les signes de la Providence qui me livrent le secret que j'ai encore une longue route a faire. Et ca, bien patiemment, car face a moi, un homme eleve dans l'ecoute de ses penchants, la Providence devra attendre jusqu'a l'hiver prochain quand mon instinct sera endormi! Divine maligne!
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