mercredi, décembre 06, 2006

Au dessous d'un coeur

Les jambes croisées, je suis au beau milieu d'une prière. Je cueuille des larmes dans mes paumes tremblantes, j'enfouis mon âme mutilée dans cette eau salée. Ca se met à vibrer, un rythme m'oblige à me mettre debout. Mon regard se met à se promener de bas en haut. En face, des murs écorchés et une ombre qui se repose. Quelqu'un qui berce des rêves d'antan. Alors, c'était ici à chaud tous ceux que je voyais plus! Il y a des ballons et des zèbres, des enfants qui serrent des vieux, des tournesols en couronnes, des villes d'eau, un amoureux qui s'enlace et tournoie avec le vent, des étoiles qui baissent la tête, des fougères qui habillent le soleil et on danse, on danse les yeux fermés...
Les restes du chaos grognent en mourant, ils emmêlent mes cheveux. Dès lors, les nouveaux-nés auront un autre visage, les pieds enracinés dans la terre profonde invitant les autres à s'allonger sur eux.
Je vois la vie qui a mordu sa queue, on glisse sur ce tapis. Et il y a ce silence!... Il file sur mes lèvres m'empêchant de parler, des gouttes de sang éclatent, des plumes se mettent à tomber pour les rencontrer à la manière de barques qui accostent doucement un rivage...
Je vois une tête à la hauteur d'une révérence, un orgueil qui n'est plus qu'un passé enchaîné au brouillard de l'histoire, une main pour donner, une autre pour savourer, délicieuse futilité après l'irréversible, n'échappe jamais à l'éxpiation ce qui devait vivre, imperturbable ubiquité...
Il y a le sens qui fond sous les pas, des sièges abdiqués pour la sagesse des iris murés, une humanité dépouillée où les illusions ne défient pas les croyances, l'évident qui gracie la vanité...
Je vois un coeur qui bat à grand ouvert, je suis un brin d'une chair, je suis en toi, un toi, un moi qui forment un savoir. Une seule logique qui vogue sur l'intuition d'une solitaire, je cours après la vérité amoureuse de mes chimères...

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